Jo Bouquine

Romans, émotions et coups de cœur partagés avec sincérité.


ARTICLE : Les services de presse : comment ça marche… et pourquoi la confiance est essentielle

Dans le monde du livre, le sigle SP (pour Service de Presse) revient souvent. Il intrigue, fait rêver et suscite de nombreuses discussions. Voici un éclairage complet : ce que sont réellement les SP, leur utilité, leurs dérives… et l’importance capitale de la confiance entre auteurs, maisons d’édition et chroniqueurs.

Qu’est-ce qu’un service de presse?

Un service de presse est un exemplaire envoyé gratuitement par une maison d’édition ou un auteur à une personne susceptible d’en parler : chroniqueurs littéraires, journalistes, blogueurs, bookstagrammers, podcasteurs…

Cet envoi peut prendre plusieurs formes :

  • papier
  • numérique
  • audio

L’objectif reste le même : offrir une visibilité authentique grâce au regard d’un lecteur engagé.

Pourquoi les éditeurs en envoient?

Parce que la recommandation littéraire est devenue essentielle. Une chronique bien construite, un post Instagram sincère ou un article de blog détaillé a un impact réel dans le parcours d’un livre.

Les SP permettent aux éditeurs de :

  • mettre en lumière une nouveauté
  • toucher un public ciblé
  • multiplier les retours au moment d’une sortie
  • créer un bouche-à-oreille naturel

C’est aujourd’hui un outil indispensable dans la communication éditoriale.

Recevoir un SP : ce que cela implique

Recevoir un SP n’implique pas d’être dithyrambique ni de rédiger une critique élogieuse. Ce qui est attendu est beaucoup plus simple :

  • un avis honnête, même nuancé
  • du respect dans la manière d’en parler
  • un minimum de sérieux
  • de la transparence en cas de retard

Le principe repose sur un échange équitable : un livre offert d’un côté, du temps et un retour de l’autre.

Quand la machine déraille : les dérives visibles sur les réseaux sociaux

Si les SP sont un privilège, certains comportements les dénaturent. Ces dernières années, plusieurs dérives se multiplient :

  • accumulation de SP jamais lus
  • réception uniquement pour « montrer en story »
  • revente rapide sur des plateformes d’occasion
  • chroniques bâclées ou inexistantes
  • sollicitations insistantes auprès des maisons d’édition

L’effet est double : une perte de sens du côté des éditeurs et un discrédit pour les chroniqueurs sérieux. Le livre devient un objet de consommation plutôt qu’une oeuvre à découvrir.

Un SP, avant tout un lien de confiance

Derrière chaque SP, il y a un véritable pari :

  • un auteur qui confie son travail
  • un éditeur qui choisis soigneusement à qui envoyer un exemplaire
  • une attente de considération, pas de complaisance

Le SP repose sur la confiance : celle d’être lu, compris, respecté. Lorsque les envois sont traités comme de simples objets monnayables ou comme un « contenu » parmi d’autres, ce lien se brise.

Pour des pratiques plus éthiques

Préserver la valeur des SP passe par quelques principes simples :

  • accepter uniquement les titres qui intéressent réellement
  • privilégier la qualité des retours
  • prévenir en cas de retard
  • donner un exemplaire plutôt que le mettre en vente s’il ne trouve pas sa place dans une bibliothèque
  • rappeler que derrière un livre se trouve une personne, pas un fournisseur de « contenu »

L’objectif n’est pas la quantité, mais le respect du travail transmis.

Mon expérience personnelle : un privilège vécu comme une responsabilité

Depuis l’ouverture de mon blog, je reçois essentiellement des SP numériques. Et, à chaque fois, une sensation revient : celle d’être investie d’une mission.

Confier un livre, même en format numérique, ce n’est pas anodin. C’est offrir un accès anticipé à une histoire, à des mois (parfois des années) de travail.

Se savoir choisie pour donner un avis avant le grand public… cela crée un mélange d’honneur et d’humilité. On ne lit plus seulement pour soi : on lit pour comprendre, pour transmettre, pour rendre justice au livre.

Quand aux SP papier (souvent dédicacés), ils ont une valeur toute particulière. Ce sont des objets uniques, presque des trésors. Pas seulement parce qu’ils sont rares, mais parce qu’ils symbolisent cette confiance directe entre celui qui écrit et celui qui lit.

Conclusion

Les services de presse sont un espace de rencontre entre passions : celle d’écrire, celle de lire et celle de partager.

Pour que ce système reste harmonieux, il doit s’appuyer sur une valeur fondamentale : la confiance.

La discussion s’ouvre :

  • Quelle est votre vision des SP?
  • En recevez-vous?
  • Avez-vous déjà observé des dérives qui vous ont interpellés?


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