Jo Bouquine

Romans, émotions et coups de cœur partagés avec sincérité.


CHRONIQUE : Dissolution, Clovis Villette

  • Auto-édition
  • Sortie le 26 juillet 2025
  • 332 pages
  • Roman d’anticipation, politique, écologie

Synopsis : Entre tensions sociales et catastrophes naturelles, la France devient chaque jour plus instable à l’aube des élections présidentielles.
Deux amis d’enfance sortent de Sciences Po : lui rêve de rejoindre l’Assemblée nationale, elle de s’engager pour l’écologie. La campagne fait rage. Ils découvrent la noirceur derrière les beaux discours. La démocratie vacille.
Dans un monde en perte de sens, entre convictions politiques et passion amoureuse, entre bataille parlementaire et combat de rue, ce roman interroge sur les limites du militantisme, la place de la culture, et l’avenir de l’humanité.

Mon avis : Dissolution est un roman politique profondément humain.
Un roman qui s’intéresse moins aux idéologies qu’aux femmes et aux hommes qui les portent, avec leurs convictions, leurs failles, leurs élans et leurs pires travers.

J’ai beaucoup apprécié la manière dont l’histoire se construit : je ne savais jamais vraiment où elle allait et je me suis laissée porter par les personnages et leurs trajectoires, sans chercher à anticiper le dénouement. Les changements de points de vue apportent un vrai rythme et permettent de multiplier les regards sur une même réalité.

Dans le contexte politique actuel, j’aimais l’idée de lire un roman qui aborde ces questions sans dogmatisme, en mettant l’humain au centre. De ce point de vue, le pari est réussi. L’écriture est maîtrisée, efficace, toujours au service de l’histoire, sans effets inutiles.

Parmi les personnages, François est celui qui m’a le plus touchée, sans doute par sa bienveillance et sa naïveté presque désarmante. Pour autant, j’ai refermé le livre sans réelle difficulté à quitter les personnages : ils accompagnent la lecture, mais ne s’imposent pas durablement dans la mémoire.

Mon principal bémol concerne l’objet livre en lui-même. La mise en page m’a semblé négligée : chapitres commençant en milieu de page, gestion maladroite des pages liminaires… Rien de rédhibitoire, mais un agacement récurrent, d’autant plus frustrant que l’histoire, elle, est solide. Mon plaisir de lecture aurait clairement été supérieur avec un ouvrage plus soigné.

Je me suis également interrogée sur la francisation de certains mots d’origine anglaise (scouteur pour scooter, postère pour poster…). J’imagine un choix volontaire de l’auteur, mais dont l’intention m’a échappé et qui, à plusieurs reprises, m’a sortie du texte plutôt que de l’enrichir.

Au final, Dissolution est un roman intéressant, intelligent, bien pensé, que je ne regrette absolument pas d’avoir lu. Il m’a intriguée, accompagnée, fait réfléchir mais sans pour autant me laisser un souvenir impérissable. Un livre qui mérite d’être lu pour ce qu’il raconte, et qui aurait mérité davantage de soin dans sa forme.

Ma note : 7/10 (voir mon système de notation)

EDIT : Après en avoir discuté avec l’auteur, il s’avère que les livres envoyés pour les services de presse étaient des livres mal imprimés, ce que je peux comprendre aisément, il aurait été dommage de les détruire. L’info ne m’était pas parvenue avant et voilà donc pourquoi je me plaignais de la mauvaise mise en page. Vous pouvez donc l’acheter les yeux fermés ^^



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