
On entend souvent que le numérique va finir par remplacer le livre papier, que les jeunes ne lisent plus que sur écran, que le livre imprimé vit ses dernières années.
Pourtant, les données les plus récentes disponibles (2024-2025) dressent un tableau bien plus nuancé. En France, les pratiques évoluent… mais sans basculer.
Le papier reste largement dominant. Le numérique progresse. Et les lecteurs, eux, composent avec les deux.

Le livre papier reste largement majoritaire
Selon le dernier baromètre du Centre national du livre, réalisé avec Ipsos, le livre imprimé demeure le format préféré des Français. Une large majorité des lecteurs déclarent privilégier le papier pour leurs lectures.
Les chiffres du Syndicat national de l’édition vont dans le même sens : en 2024, le livre numérique représente environ 10 % du chiffre d’affaires global du secteur. Autrement dit, neuf euros sur dix proviennent encore du livre imprimé.
Vingt ans après l’arrivée des liseuses sur le marché, le basculement annoncé n’a pas eu lieu. Le livre papier ne se maintient pas par nostalgie. Il reste le format central de la lecture en France.

Le numérique progresse, surtout chez les jeunes
Cela ne signifie pas que rien ne change. Les études du CNL montrent que la lecture numérique est plus répandue chez les 15-34 ans que chez les générations plus âgées. Les jeunes lecteurs utilisent plus facilement les liseuses, les tablettes ou même leur smartphone pour lire.
Mais là encore, il faut nuancer : même chez les plus jeunes, le papier reste majoritaire. Ce que l’on observe n’est pas un remplacement, mais une diversification. Les jeunes lisent sur écran… et continuent d’acheter des livres physiques.

Une particularité française ?
La situation française présente quelques spécificités.
D’abord, le cadre réglementaire. Le prix unique du livre protège les librairies indépendantes et limite la concurrence par les prix. Résultat : le réseau de librairies reste dense sur le territoire.
Ensuite, il existe un attachement culturel fort au livre-objet. Le livre s’offre, se prête, se conserve. Il occupe une place visible dans les foyers.
Enfin, même les réseaux sociaux littéraires mettent en avant l’objet livre : couvertures, bibliothèques, piles à lire. Le numérique, plus discret, s’inscrit moins dans cette mise en scène.
Tout cela contribue à maintenir la place centrale du papier.

Préférence et usage : une distinction importante
Préférer le papier ne signifie pas refuser le numérique. De nombreux lecteurs alternent selon les situations : un roman papier à la maison, un livre numérique en voyage, un téléchargement ponctuel pour un titre difficile à trouver.
Les pratiques deviennent hybrides. Plutôt qu’un affrontement entre deux formats, on observe une adaptation des usages. Chaque support répond à des besoins différents.

Vers une coexistence durable ?
À la lumière des données 2024-2025, rien ne laisse penser à la disparition du livre papier en France. Le numérique continue de progresser, notamment chez les jeunes générations. Mais il ne renverse pas l’équilibre général. Le paysage semble s’orienter vers une coexistence durable : le papier demeure majoritaire, le numérique s’installe comme une option complémentaire.
La question n’est peut-être plus de savoir quel format gagnera.
Mais comment les lecteurs continueront à naviguer entre les deux.

Les données donnent un aperçu global des pratiques. Mais derrière les tendances nationales, il y a aussi des habitudes personnelles, des préférences intimes et des choix quotidiens. Et vous ?
- Lisez-vous davantage en papier, en numérique… ou alternez-vous selon les moments ?
- Votre rapport au livre a-t-il évolué ces dernières années ?
- Le format influence-t-il votre manière de lire ou votre concentration ?
- Achetez-vous différemment selon qu’il s’agit d’un livre papier ou numérique ?
- Pensez-vous que le livre papier restera majoritaire en France dans les années à venir ?










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